And the Winner is… !

mai 18, 2008

Pas besoin de vous le dire, le concours Lost Highway a remporté un vif et franc succès ! Le nombre de réponses fut exceptionnellement élevé et je viens seulement de finir de dépouiller le tout ! Pour les curieux, les bonnes réponses étaient les suivantes :

1/ Talk Box - 2/ K’s Choice & Joan Osborne - 3/ Eva Herzigova, Wonderbra - 4/ Température d’un volcan en éruption - 5/ Moonlight & Valentino - Subsidiaire : 223…

Roulement de tambour, sonnez trompettes et résonnez musettes… Ouverture de l’enveloppe et… Stef !!! Bon Jovi n’a qu’à bien se tenir…

Sinon, j’ai également fini l’upload des quelques photos ABC sur Piauo… Pour ceux que ça intéresse, le contenu est plus complet que ce que j’avais uploadé sur Facebook en son temps, ce qui implique répétition et approfondissement de certains sujets mais bon, on est numérique ou on ne l’est pas ;o).

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Musique pour un voyage…

mai 8, 2008

Parce que j’en ai ennuyé plus d’un avec le volume sonore de mon Ipod, une petite liste des morceaux qui ont baigné ces mois sud-américains. La musique a bien bercé le voyage et s’est avérée un élément indispensable. Les effets qu’elle procure sont de multiples natures. Aidant à rester calme quand votre voisin est un petit ket de 3 ans qui, pendant 8 heures de bus, tente de battre le record du monde de production de larmes, soulignant certains moments, paysages, discussions, elle adoucit les mœurs et se place souvent comme un exhausteur de souvenirs.

Mozart m’a bien aidé à rester calme lors de ma première escale à Washington, Daft Punk et Simian Mobile Disco me donnait une bougeotte et une énergie assez impressionante et Pink Floyd a retenti avec force lors de ma traversée des Salars de Uyuni, nous donnant le soundtrack parfait pour accompagner les paysages merveilleux que la nature nous offrait…

A l’inverse, elle rythmait parfois un peu trop ma vie et j’ai appris à ne pas toujours écouter de musique lors de longues promenades et de longs trajets en bus. Sur de longue période temporelle, l’esprit se calque sur la durée des albums et des morceaux. Et quand vous savez que vous allez rester 14 heures dans un bus ou marcher 8 heures, qu’un album dure en moyenne 50 minutes et un morceau 4 minutes, après deux albums, vois pouvez estimer le temps qu’il vous reste. Dans ces moments là, il est parfois préférable de perdre complètement la notion du temps, de se laisser porter par les paysages et contempler, juste contempler…

Top 10 - Single :

1/ Editor : An End Has A Start. La mort n’est pas une fin en soi, morceau planant et bien rythmé. J’adore.
2/ Eddie Vedder : Hard Sun. De la BO de Into the Wild, en admirant des paysages ou lorsque l’avion survole les nuages, mignon et détendant.
3/ Arcade Fire : No Cars Go. Composition orchestrale, rock, idéale pour les réveils difficiles. HEY !
4/ Radiohead : Weird Fishes/Arpeggi. Devenu mon morceau préféré de In Rainbows !
5/ Smashing Pumpkins : Bullet With Butterfly Wings. Grand classique…
6/ Alanis Morissette : Ironic. Associé à certains événements de ma vie, calme, sensée…
7/ Daft Punk : Around the World/Harder, Better, Faster, Stronger. Sur l’album Alive, m’a souvent donné envie de danser.
8/ Bloc Party : Hunting for Witches.
9/ Massive Attack : Teardrop.
10/ Simian Mobile Disco : It’s the Beat. Pour l’énergie du morceau, les sons et surtout la montée… It’s the Beat !!!

Top 5 Albums

1/ Radiohead - In Rainbows. No surprises…
2/ Editors - An End Has A Start. Tout simplement bon !
3/ Daft Punk - Alive 2007
4/ The Herbalisers - Blow your Headphones
5/ The Dandy Warhols - Thirteen Tales from Urban Bohemia. Souvenirs souvenirs.


An End Has A Start…

mai 7, 2008

Ca y est ! Je l’ai eue cette petite boule du retour. Celle qui vous fait comprendre et réaliser que vous êtes bien là, assis dans l’avion qui vient de decoller. La sournoise qui vous dit “Fini, over, tu rentres”.

Une chose est sure : ces trois mois resteront indélébilement gravés dans ma mémoire. L’une des plus belles expériences qu’il m’a été donné de vivre jusqu’à présent (restons optimistes, il y en aura d’autres).

Je mentirais en disant que je n’ai pas quelque peu appréhendé mon départ en février. Les premières minutes après avoir franchi la douane belge m’ont trouvé hésitant, confus. Comme au retour, la même boule mais qui cette fois vous susurre “Mais qu’est-ce que tu fous”. On laisse derrière soi les gens qu’on aime, ceux qui vous font progresser pour tenter l’aventure seul et loin. Heureusement, celle là ne reste pas bien longtemps et le voyage et ses perpectives reprennent vite le dessus.

Le ressenti après ces trois mois reste difficile à exprimer. L’alternance entre des périodes de solitude et de contacts sociaux prolongés m’a semblé plus que bénéfique. La solitude ne m’a jamais réellement dérangé (l’avantage d’être fils unique) mais la compagnie d’autres voyageurs s’est parfois révélée indispensable pour garder un mental de winner. Etre seul, dans sa chambre ou dans un bus, est quelque chose que j’ai apprécié. Cette sensation retrouvée de pouvoir cogiter, de laisser son esprit vagabonder dans toutes les directions sans pression ni contrainte procure une sensation de liberté enivrante. Liberté de penser ou pas, de méditer ou de contempler, un luxe que je ne m’étais que rarement octroyé auparavant (non, je ne compte pas devenir moine ou me retirer dans un ermitage quelconque). Et force est de constater que cela m’a fait un bien fou !

J’étais parti sans réels objectifs si ce n’était celui de voyager et de découvrir des pays qui m’attiraient depuis longtemps. Certains partent parce qu’ils veulent trouver un sens à leur vie, des réponses à des questions existentielles qu’ils se posent depuis longtemps. J’avais fait le choix de laisser tout cela derrière moi, pas de considérations en tête afin de ne pas m’imposer une obligation de résultat à l’issue de ces mois. Au final, j’ai l’impression que, consciemment ou inconsciemment, certaines choses sont venues d’elle-mêmes, avec ou sans reponses…

Plus que lors de tous mes précédents séjours, ces 3 mois m’ont également permis de nouer de nombreux contacts avec d’autres voyageurs. De Raul, Amandine, Judith en passant par Olaf, Jerome et Aaron, j’espère réussir à garder le contact. Profils et cultures différents mais spontanéité et sincérité des échanges. Que ce soit le temps d’une soirée ou d’une semaine, les moments partagés le sont loin des préoccupations habituelles de notre quotidien, les rendant uniques et intenses.

Outre tout cela et pour éviter de tomber dans un égo-mélodramatisme tant flamboyant que larmoyant, partageons quelques enseignements tirés de ces trois mois :

- Ne jamais au grand jamais écouter 21 fois de suite An End Has A Start des Editors lors d’un bref moment de blues à Ushuaia. Ca n’aide vraiment pas ;
- Dans la même veine, éviter la chanson Ironic d’Alanis au décollage de votre Boeing 777-300, ou alors en zappant l’histoire du petit vieux qui prend l’avion pour la première fois. Ce dernier se crashe… Ironique ? ;
- Ne jamais sous estimer l’absence de puissance des chasses d’eau chiliennes et l’étroitesse du coude d’évacuation ! En sus, toujours vérifier que la chasse d’eau fonctionne avant de vous installer. Sans commentaires supplémentaires, les plus scatos d’entre vous pourront disposer de détails complémentaires sur simple demande et après quelques Triple Karmeliet ;
- Changer de chaussettes après deux semaines. Passé ce délai, l’odeur devient carrément insupportable et leur retrait ressemble à une épilation à la cire ;
- Ne jamais regarder les émissions suivantes : The Fist Of Zen (rien de porno, je vous rassure, juste de la connerie à l’état pur), The Girls of the Playboy Mansion (idem, en comparaison, Des chiffres et des lettres représentent un comble de l’érotisme), QE, Child Star Confidential, Keeping Up With The Kardishians, Exposed,… La chaîne câblée Tinovelas est à proscrire par dessus tout… ;
- Ne jamais tout miser sur un McDo à l’approche d’une grande ville. Au plus on cherche, au moins on le trouve… ;
- Subséquemment, la mousse au chocolat ne doit pas devenir une obsession lorsque vous cherchez un endroit pour vous sustenter. Si vous deviez en arriver à un tel point de détresse, la première forme de traitement consiste à arrêter de feuilleter le menu en commençant par la section dessert ;
- Le corps humain est ainsi fait qu’il est tout bonnement impossible de faire une overdose de pizzas et de Yogs… ;
- Quand vous achetez un billet d’avion, n’oubliez pas de regarder le retour. Le prix est important, mais les 11 heures d’escale à DC risquent de vous valoir quelques séances de thérapies au retour. Un aéroport américain, c’est sympa un moment, en sortir, c’est mieux !

Comme vous le constaterez, ça a carburé sec pendant 90 jours et en suivant ces quelques recommandations, votre vie sera encore plus belle !

Allez sur ce, ça y est, il est rentré !!! On se voit fin de la semaine pour certain(e)s, et le plus tôt possible pour les autres !!!


In The Air Tonight !

mai 5, 2008

Back in Buenos Aires, pour quelques heures encore ! Probablement le dernier message de cette rubrique et de ce voyage avant de retrouver notre beau pays…

Nos deux derniers jours en compagnie de Dusty furent epiques et visuellement surprenant… Mardi matin, le reveil se fait sous un soleil resplendissant et un ciel seulement parseme de quelques nuages. Plein d’entrain, nous reglons notre auberge et reprenons la route. Nous retournons vers Salta pour ensuite prendre la direction de Purmamarca, un petit village aux allures boliviennes situe au pied de la montagne aux Sept Couleurs (ca, ca fait rever !).

Apres seulement quelques kilometres, et la route etant parfaitement droite, nous constatons qu’au loin, le ciel est pour le moins couvert et que notre chemin risque fortement de nous emmener au coeur de l’action. Fini le beau temps, nous penetrons un bon vieux brouillard typique de chez nous. Quelques gouttes, une route en terre pour le moins etroite et qui se plait a sinuer gaiement le longs des parois de la montagne que nous empruntons. Conduite defensive, klaxon aux entournures, les paysages sont probablement magnifiques mais nous ne distinguons absolument rien. Apres une bonne heure de ce traitement, nous emergeons enfin dans la vallee, soulages et motives par l’idee qu’a Salta, nous aurons peut-etre l’occasion de nous sustenter dans la grande chaine a l’arche doree… La traversee de Salta se fait avec quelques tatonnements et confirme mon souhait de ne point vouloir conduire pendant les heures de pointe argentines. Ils sont dingues, ca sort de partout, ca va dans tous les sens, ca donne la priorite et puis ca la refuse, il y a de quoi perdre quelques enjoliveurs…

Pour rejoindre Purmamarca, il faut passer par Jujuy, ville a 150 kilometres de Salta. Pour arriver a Jujuy, deux routes sont possibles. Une voie rapide et une petite route de campagne asphaltee, large de trois metres et courant le long des versants de differents monts, enchainant les virages sans visibilite aucune. Parce que nous sommes de vrais aventuriers (ou parce qu’on s’est tout simplement gourre de route), nous nous retrouvons sur ce petit filet de bitume. J’arrive a garder mon sang froid et a ne pas me prendre pour Colin Mc Rae, et nous nous promettons de prendre la voie rapide pour le retour.

Arrives a Purmamarca apres cette journee de folles routes, c’est avec joie que nous nous precipitons dans le premier restaurant potable de l’endroit (pas de Ronald a Salta) avant de prendre possession de notre habitation dans une auberge proche de la place principale du village. Purmamarca est effectivement tres charmant: Ambiance detendue, relax, les touristes s’y arretent generalement dans le cadre de tours et les 1000 habitants de l’endroit ont reussi a garder une atmosphere typique de ces petits villages. Le mont situe derriere le village arbore clairement de multiples couleurs, du vert au rouge en passant par le jaune, preuve s’il en est que la region est riche en minerai et mineraux de toutes sortes.

Mercredi, dernier jour, il nous faut rentrer sur Salta pour rendre Dusty a sa famille. Mais avant, il nous reste a voir les Salinas Grandes, etendue de sel sise non loin de notre dernier gite. La route longe la vallee avant de monter de deux milles metres, nous emmenant a 4170 metres, et avant de redescendre quasi directement sur le Salar. De loin, on peut en distinguer les limites mais plus nous nous rapprochons, plus nous commencons a etre absorbe par le blanc immacule environnant. Il ne nous faut que quelques kilometres sur la route traversant le Salar pour reperer une piste et nous engager dessus. Je me souviens de Uyuni, du lac, des trous et de l’eau qui se trouve probablement sous nos roues. Legere apprehension, analyse de quelques trous. Il y a effectivement de l’eau par endroit, mais la couche de sel semble plus que solide et d’une dizaine de centimetres d’epaisseur. La balade est demente, il est tres agreable de rouler dans ce type de paysages et de se sentir perdu au milieu d’un desert de sel…

Une fois le pic-nic consomme au coeur du Salar, nous reprenons la route de Salta. Le temps se degrade de nouveau quelque peu et il nous faut slalomer entre les vehicules roulant a du 10 km/h et les camions arrivant en sens inverse. La voie rapide se resume etre une nationale a deux bandes, et je suis plutot content quand, quelques heures apres, nous repenetrons dans Salta. Il nous reste quelques heures avant de partir pour Iguazu, et ces quatre jours auront quand meme ete bien charges. La region autour de Salta est tout simplement magnifique, avec des paysages d’une variete et d’une beaute a couper le souffle, et je suis ravi d’avoir eu l’occasion de parcourir ce petit millier de kilometres afin d’en faire la connaissance…

Jeudi matin, c’est le grand depart. Reveil a 5h15, quittage de l’auberge a 6h00 et arrivee dans le bus a 6h15. Ready pour 26 heures, le litre de Coca sur les genoux et l’Ipod charge a bloc. Deux changements en matinee, une petite heure de retard sur le timing initial, c’est vers 12h30 que nous entamons le plus gros du voyage. Excellents films, bonne nourriture, staff fort sympathique, tout se deroule pour le mieux jusqu’a notre arret a Resistencia quand notre steward vient nous annoncer que nos amis agriculteurs et producteurs de la region ont decide de bloquer les routes pour une duree indeterminee. Toujours insatisfaits par les mesures prises par le gouvernement, ils empechent tout trafic. Dans un esprit de solidarite et de compassion a leur egard, je suggere subtilement de foncer dans le barage. Un double-deck de 15 metres contre un tracteur John Deere, y a pas photos, nous sommes l’hippopotame ! Je suis meme pret a brandir le drapeau argentin en chantant la marseillaise et en hurlant que non, Maradonna n’est pas mort, rien n’y fait, mon idee ne fait pas l’unanimite. Il est minuit et demi (qui fait des barrages routiers a minuit et demi ??? Ils sont potes avec les camionneurs francais, c’est pas possible), nous entamons notre 18eme heure et je commence tout doucement a avoir envie d’arriver.

Deux heures plus tard, nous franchissons le barrage. En combinant ce retard avec le premier, nous arrivons 4h apres l’heure prevue, soit midi. Cela ne fait pas franchement mes affaires, mon avion partant le lendemain quasi a la meme heure. Je dispose donc d’une apres-midi pour visiter le Parc National d’Iguazu et avoir la chance de voir ses cascades mondialement connues. Apres une rapide douche, direction le parc, sous un vieux crachin digne de chez nous. Nous sommes proches du Bresil, au coeur de la Selva, et le temps semble fluctuant comme un gouvernement belge en (de)composition. Isa prefere rester a l’auberge et faire la visite Samedi.

Le Parc d’Iguazu, c’est Walibi ! De belles allees bien proprettes, de multiples magasins de souvenir et restaurants et, cerise sur le gateau, un petit train sur de vrais rails qui vous emmene dans le point le plus eloigne de l’entree du parc. Entre nous, et a part vous eviter de marcher, ce train ne sert a rien. Pas de paysages, lent au possible, longeant un sentier qui pourrait faire une agreable promenade, je conchie ce train… Mes heures sont comptees et si je veux faire le parcours que j’ai defini, j’ai plutot interet a me depecher. Direction la Gargantua du diable donc, histoire de me donner une vue de ce qui s’annonce etre l’un des plus impressionants panorama du parc. Un reseau de passerelles surplombe les differents bras de rivieres de l’endroit et apres un petit quart d’heure de marche, c’est le choc ! Face a de multiples cascades, au bord du gouffre, le bruit de l’eau est assourdissant et l’ecume monte de plusieurs dizaines de metres au dessus de la surface. Rien a dire, pour une entree en matiere, c’en est une belle. Je suis scotche, fascine, emerveille ! Je ressaute dans le petit train (ok, en l’occurence, il est pratique, je gagne du temps… n’empeche, je le conchie) et me dirige vers les sentiers inferieurs et superieurs, a 2500 metres de la et qui donnent un point de vue totalement different sur le parc. Le sentier inferieur etant ferme vu l’heure a laquelle j’y arrive, je decide d’emprunter la voie de sortie. Pas question qu’on m’en prive et s’il le faut, je marcherai un peu plus vite pour ne pas me retrouver coince dans la jungle au coucher du soleil… Meme chose, je suis de nouveau bluffe par la beaute du site…

Samedi matin, direction l’aeroport. Un vol d’une heure et demie plus tard et me revoila en plein coeur de Buenos Aires. Comme a l’aller, je redepose mes affaires dans le quartier de Recoleta, a deux rues du cimetiere cette fois. Petit hotel, chambre unipersonnelle, j’ai envie d’un peu de calme pour mes dernieres heures ici bas. L’autre option etait un dortoir de 20 personnes mais bizarrement, je n’ai pas ete tente. Je passe le reste de la journee a flaner dans le quartier avant de retrouver l’hotel et de m’y offrir une bonne nuit de repos.

Dimanche, evenement ! Je renoue avec les minibus et les touristes package. J’ai envie de revoir les principaux quartiers de Buenos, et surtout celui de la Boca, connu pour ses facades multicolores et son equipe de football. Le quartier n’est pas le plus sur de la ville, sans aucun doute le plus pauvre, et le tour offre cet encadrement qui me securise. Les guides deconseillent de s’y rendre seul, je me souviens en avoir parle avec Seb, donc autant jouer la carte Prudence en cette fin de voyage.

Un dimanche a Boca, et quand l’equipe de foot recoit son principal adversaire du championnat, ca vaut le detour. Ambiance Anderlecht-Standard, 1000 policiers dans les rues, des barrages dans tous les sens, ce village au coeur de la ville s’anime d’une belle maniere ! Ca courre, ca crie, ca jongle, ca insulte, les autorites canalisent le flot des supporters en les faisant emprunter deux itineraires totalement differents. Notre petit groupe se retrouve donc plonge dans la marmite pour une bonne heure, et je ressens meme l’envie d’assister au match (et ca, ca fait peur). Outre Caminito, la petite artere du centre (tres/trop)touristique de la Boca, les petites rues alentours sont charmantes. Ancien quartier portuaire, les marins recuperaient tout ce qu’ils pouvaient pour construire leur chez soi. Maisons de toles dont les couleurs multiples s’expliquent par le fait qu’ils diposaient rarement de la quantite de peinture necessaire pour recouvrir l’ensemble du batiment, c’est a mes yeux le quartier le plus “original” de Buenos Aires. Pas d’inspirations exterieures, pas de copies ou d’inspirations architecturales europeennes, la Boca est le coeur originel de BA !

L’apres-midi, meme principe, je deambule dans Recoleta. A 17h00, je retrouve Amandine, une franco-espagnole rencontree a Ushuaia et etudiant a Buenos Aires. Une longue papote en deambulant dans les allees du marche artisanal de Recoleta (l’occasion d’acheter un souvenir kitschissime pour le loustic a venir - les parents vont adorer) suivie d’une bonne glace au gout indefinissable, ca fait du bien et aide a apprehender le retour avec plus de serenite.

Et ce lundi, dernier jour si j’excepte mes 11 heures d’escale a Washington DC, je decide de faire une ultime sauvegarde de mes dernieres cartes memoires. Deux cartes, dont une m’affiche le sympathique message des “donnees corrompues”. 600 photos dans le neant, bien presentes sur une carte mais non accessibles… La fin de l’Ile de Paques, le centre et le nord du Chili, la traversee de Uyuni, tout cela menace parce qu’un je ne sais quoi a decide de corrompre mes donnees (et qu’elles se sont laissees faire les vilaines sournoises !). Qu’a cela ne tienne, a l’heure ou j’ecris ces lignes, un petit programme de recuperation tente tant bien que mal de sauver la plupart d’entre elles. Je compte un petit 25% de perte et je suis content, mais il fallait que je le fasse pour etre sur de bien faire dodo dans l’avion.

Sur ce, il est temps de cloturer. Un petit taxi, un petit bus, deux avions et 11 heures pour decouvrir Washington, ca y est, c’est le grand retour !

A tres bientot en Belgique !!!


Travel Buddy and…

mai 3, 2008

Travel Buddette !

Apres une petite semaine, nos routes se separent. Au programme pour Isa, visite du Parc National d’Iguazu ce samedi, pendant que je prendrai l’avion pour Buenos Aires-les-bains.

Cette petite semaine fut fort sympathique ! Et Travel Buddy a egalement fortement apprecie cette presence belgo-belge apres avoir passe quasi trois mois a me supporter…

Une update plus consequente se fera a Buenos Aires ou je disposerai de moulte temps d’ici a lundi soir…


Dusty the Clown

avril 28, 2008

Long time no news… so here it comes…

Depuis la Bolivie, beaucoup d’eau (enfin de bouteilles de 500 ml de Coca) et de nombreux kilometres se sont ecoules…

Toujours sous le choc de ma visite dans les mines du Cerro Rico, j’ai poursuivi ma decouverte de la ville de Potosi le lendemain. Au programme, la visite de la Casa de la Moneda, endroit ou etaient frappees les monnaies espagnoles pendant quelques centaines d’annees. En activite jusque dans les annees 50, l’endroit est charge d’histoire mais egalement de souffrance. Ici, les esclaves et autres travailleurs battaient monnaie dans des conditions dures, ou les temperatures montaient facilement au dessus des 50 degres. Et quand les chevaux ne tenaient plus le coup et qu’il fallait continuer d’actionner les presses (duree de vie du cheval : 4 mois - duree de vie de la machine : quelques centaines d’annees), c’etaient 20 hommes que l’on harnachait au mecanisme actionnant le tout… Aujourd’hui, la Bolivie bat sa propre monnaie au Canada, en Espagne et en France, et la Casa est un refuge pour de nombreuses oeuvres iconographiques, toiles, tableaux d’artistes principalement locaux. Differentes ecoles faisant toute l’eloge du christianisme, a une epoque ou il etait indispensable de convertir les pauvres pecheurs presents dans les villages avoisinants. L’une des toile les plus interessantes est certainement celle comportant un melange des valeurs traditionnelles locales (le culte de Pachamama - deesse de la terre et souvent representee sous la forme du Cerro Rico abritant l’argent) et chretienne. La visage de la Vierge Marie surmontant le Cerro, ses mains en sortant, comme paree de la montagne et de sa richesse. Le mix parfait pour convertir et un bel exemple de propagande a mes yeux…

Dans la nuit, je prends un petit bus vers Tarija et fait une constatation impressionante, basee sur des faits scientifiques collectes de facon irreprochable : dans 50% des trajets bolivien, il est possible de trouver un Vomito. En l’occurence une jeune maman qui etait heureusement installee a cote de la fenetre et qui a pu se soulager allegrement sur le flanc de notre vehicule. Une fois sur deux, et plus particulierement dans les bus de nuit, la conduite de nos amis chauffeurs semble avoir des effets secondaires incontrolables sur leurs condisciples… Pourraient prevoir des sachets non mais quand meme !

Tarija, c’est la petite ville tranquille du sud de la Bolivie. Quelques places ombragees, quelques terrasses et une multitude de vignobles dans les environs immediats. 30 Us dollars plus tard et une petite nuit de repos et ma guide vient me chercher a l’hotel pour me conduire dans trois vignobles differents : industriel et tourne vers l’export avec 2 millions de litres produit par an - artisanal et bien trash ou l’acide supplante le gout du vin - ecologique et post-hippie-je-cuve-ce-que-je-produis-et-je-te-ressers-un-verre-une-fois. Le prix de la demi-journee me parait un peu exagere mais force est de constater qu’a 13h, et apres 45 minutes de degustation-discussion avec le proprietaire du vignoble ecologique, un vieux patch de 57 ans anciennement depute et en charge du developpement de sa region, j’ai largement rentabilise l’investissement. S’ensuit donc une sieste bien meritee et un leger mal de tete en debut de soiree…

Vendredi, je quitte Tarija, direction Salta en Argentine. Apres avoir etudie les differentes possibilites pour franchir les quelques postes frontieres entre les deux pays, Tarija me parait etre le spot ideal. Quatre heures de bus jusqu’a Bermejo, passage par le poste bolivien, traversee du pont peint aux couleurs des deux pays, et passage avec brio des deux postes argentins. Une heure de transit et un nouveau bus jusque Perico ou, apres trente minutes d’attente en compagnie de mon jeune voisin bolivien parti dire bonjour a sa copine etudiante a Salta, nous embarquons pour la derniere ligne droite avant Salta. La journee est longue, le controle anti-drogue a 30 kilometres de la frontiere n’arrange rien (mais le plan des ptits sachets en plastique ingere avec deux litres de lait fonctionne toujours), et c’est plus qu’enchante que je pose mes sacs dans ma nouvelle auberge Saltienne…

Samedi matin, c’est le grand jour. Apres quelques echanges mailiens avec Isa et la fixation d’un rendez-vous dans l’auberge ou je viens de passer la nuit, c’est encore legerement embrume que je la retrouve a mon reveil. Un visage familier au milieu de nulle part et apres pres de trois mois de voyage, ca fait du bien. Un ptit cafe plus tard et nous decidons de louer une splendide Gol pour 4 jours (le F n’est pas tres fashion en Argentine, le vehicule non plus d’ailleurs…). 76000 kilometres au compteur, des freins donnant la possibilite de passer de 100 a 0 en moins de trois dixiemes de secondes, rouge comme un coeur, Dusty the Clown aura l’occasion de gouter a tous les types de revetements durant ces 4 jours et pourra meme gouter a la fameuse Route 40 le temps de quelques heures…

Une fois toutes les formalites liees a la location effectuee, petite balade au sein de Salta la Linda et rapide montee en telepherique sur la coline qui la surplombe, histoire d’assister au coucher de soleil sur les montagnes avoisinantes et sur la ville. Retour a l’auberge et BBQ avec une dizaine d’autres occupants, l’occasion de commencer a feter mon anniversaire en me calant sur le fuseau horaire belge et accessoirement de me rappeler que Bier na wijn,…

Dimanche matin, c’est parti. Dusty ronronne et semble pret a manger le bitume. Rapide presentation avec Travel Buddy et nous prenons la direction de Cafayate, a pres de 186 kilometres de la, sur une route splendide. Les premiers paysages sont fleuris, champetres. Pic-Nic-President-baguette au bord du lac Cobral et nous attaquons la Quebrada de Cafayate. Pendant plusieurs heures, la route serpente entre des paysages tout aussi impressionant les uns que les autres. Formations rocheuses aux multiples couleurs, la Quebrada a ete sculptee par le vent et l’eau au cours de pres de 90 millions d’annees. Pics rocheux, orgues de pierres, chaque virage apporte une perspective differente et le soleil declinant rend le tout encore plus colore et flamboyant.

Apres pres de 5 heures de slalom, nous arrivons dans le petit village de Cafayate. Auberge et terrasse, ambiance tres detendue dans cette region de l’Argentine. Cafayate accueille bon nombre de Bodegas egalement, qui exportent pas loin de 60% de leur production. Ca fait du bien de sortir des grandes villes et de retrouver cette atmosphere de village que je n’avais plus reellement retrouvee depuis mon entree en Bolivie deux semaines auparavant…

Ce lundi, Dusty quitte l’asphalte pour faire ses premiers pas sur la bonne vieille Route 40 que j’avais empruntee en bus en Patagonie. L’etat de la route est tres similaire, la progression plus lente que la veille et nous nous retrouvons vite recouvert par la poussiere qui se degage de la route. Heureusement, les paysages accompagnent notre faible vitesse, et la Route semble avoir ete laissee dans cet etat pour que tout conducteur un tant soit peu prudent puisse egalement profiter pleinement de la vallee dans laquelle il evolue, et eviter tout renard ou camion ayant la bonne idee de croiser son chemin. Nous effectuons quelques etapes en chemin, traversant de petits villages quasi deserts, admirant au passage quelques eglises d’un blanc immacule dans cette region ou tout semble etre poussiereux, avant de poser armes et bagages dans une petite auberge de Cachi, petit pueblo encore plus tranquille que Cafayate et ou il semble faire excessivement bon vivre…

Au programme des deux jours qui viennent, continuation de l’exploration de la region, avec une pointe jusqu’aux Salar situes au nord de Jujuy. Jeudi sera une journee faste, avec un bon vieux bus semi-cama jusque Iguazu et ses cascades. 26 heures de trajet, il n’est pas impossible que je me jette sous la premiere chute d’eau venue pour me detendre un chouia. D’Iguazu, je prendrai un petit vol jusque Buenos Aires ou j’attendrai avec calme et dignite l’autre cigare de fer qui me ramenera au plat pays… Joie et felicite seront les maitres mots de ces trente heures de voyage, et Washington n’a qu’a bien se tenir !

Sur ce, hasta luego et chau ! L’heure est venue pour une splendide pizza au fromage de chevre suivie d’une bonne nuit de repos avant la route de demain !


Muchissima Gracias !!!

avril 27, 2008

Rien a faire, c’est prenant !

Un tout grand merci a tous pour vos messages facebookiens, gmailiens et autres ! Ca fait franchement plaisir et malgre la distance, ca aide a se sentir proche !!!


Devinette du bout du monde…

avril 22, 2008

Les longs trajets en bus peuvent avoir differents types de sequelles sur le cerveau humain. Entre la lobotomie, la perte du Soi dans un abime de contemplation ou encore la cogitation profonde autour de sujets tant divers que varies, il arrive qu’un element vous apparaisse comme une evidence et vous pousse a le partager avec le plus grand nombre (vous le savez, des millions d’internautes transitent sur cette page quotidiennement).

C’est dans cet ordre d’idee que j’ai tenu a vous faire part de cette petite devinette et d’y ajouter quelques prix pour celui ou celle qui trouvera la reponse. La reponse se fera via les commentaires de ce post, et l’heureux gagnant pourra repartir avec, au choix :

- l’exemplaire unique du t-shirt qui me sert de pyjama depuis un mois et demi - dedicace et non lave
- la version imprimee de tous les messages rediges depuis le debut du voyage - valeur hautement historique
- le privilege de pouvoir enfiler mes Columbia pour une periode de dix minutes - traitement anti-champignons offert en sus
- une seance privee de visionnage des cliches pris durant ces trois mois, avec explication detaillee des images presentees - compter 48 heures
- un agrandissement 30*20 de mon facies hirsute
- un poil de lama teint en rose moule
- une carte postale Ushuaia timbree non cachetee et vierge de toute trace d’ecriture

Que cette liste de prix ne vous empeche pas de repondre a la question suivante :

Dans quel pays naissent les plus beaux bebes du monde ? Et pourquoi ?

A vos claviers…


L’Enfer du Decor…

avril 22, 2008

Copacabana et l’Isla del Sol derriere moi, il est temps de redescendre vers le Sud. Rapide trajet jusque La Paz, petite heure de flottement dans le terminal de La Paz, et embarquement pour Sucre, a quelques 12 heures de la. Trajet effectue sans encombres, si l’on excepte Vomito Boy (10 ans et visiblement pas un grand amateur des voyages en bus) et l’arret effectue en pleine cambrousse a minuit pour permettre a tout le monde de se sustenter dans une gargotte ou l’hamburger et le pain au fromage se cotoient entoures de demoiselles fort peu vetues…

A Sucre, je m’installe en plein centre. Rien a dire, la ville est splendide. Les batiments coloniaux se succedent dans d’etroites ruelles, j’accroche directement. Apres une rapide sieste (je ne changerai pas, apres une nuit dans un bus, j’ai toujours besoin de me retrouver scotche a un bon vieux matelas), je prends l’une des decisions les plus importantes de mon voyage. Apres plusieurs semaines de laisser aller flagrant, l’heure du changement a sonne ! Arme de mon rasoir triple lames, de ma bonbonne de mousse et d’enormement de courage, j’attaque ma pilosite faciale avec force. A ma grande surprise, une demi-heure apres, je suis de nouveau doux comme un bebe (du moins au niveau du visage) et peux constater que la barbe empeche le bronzage. Non seulement la partie inferieure de mon corps arbore fierement des couleurs qui feraient palir d’envie Miguel Indurain, mais voila que mon cou n’est plus du tout en harmonie avec mon proeminent front. Qu’a cela ne tienne, il me reste encore quelques jours pour parfaire le tout.

Encore tout emotionne par ce changement radical de mon apparence, je decide de poursuivre la transformation en demandant a ma receptionniste ou trouver un coiffeur digne de ce nom a proximite de mon hotel. Une petite croix sur le plan, une petite balade dans la ville et apres quelques dizaines de minutes de patience, je me retrouve entre les ciseaux de mon visagiste local.

Certains d’entre vous le savent deja, j’adooooore les coiffeurs. Un coiffeur, c’est une compilation intarrissable de faits, d’histoires, de ragots,… Une seance chez le coiffeur et vous pouvez annuler vos abonnements a Gala, Voici, le Moniteur Automobile, Spirou Magazine, Le Courrier International et j’en passe… Il doit y avoir un gene “Coiffeur”, car mon Edouard aux Mains d’argent me rappelle furieusement les coiffeurs belges auxquels je suis habitue. Memes gestes, meme etonnement face a ma toison capillaire pour le moins inhabituelle en ces contrees, meme volonte de vouloir absolument engager la conversation…

Contrairement a mon attitude belge, qui preconise un minimum d’echanges lors de ces rares moments de soumission, je prends un reel plaisir a converser avec Edouard (qui se prenomme probablement Georges, mais Edouard sert bien la cause de ce recit). Ici, les ciseaux professionnels que l’on peut trouver dans tout bon salon belge sont remplaces par une paire de ciseaux “bricolage”, dont les lames sont chauffees au bec bunzen en guise de desinfectant. Je suis entoure par les memes demoiselles devetues que lors de mon arret nocturne et le shampoing consiste en une rapide pulverisation d’eau. En vingt minutes, je perds toutes mes meches et apprehende un peu plus la politique du pays. Selon Edouard, il ne faudra pas attendre longtemps avant qu’Evo, president actuel, saute de son siege. Trois ans avant la fin de son mandat, mais il lui en donne un. Premier president d’origine indienne (mon guide de Tihuanacu en etait tres fier, faisant passer les photos de la prestation de serment dans le bus), il a entrepris bon nombres de reformes, la plus importante etant certainement l’agraire. Il souhaite egalement une nationalisation de bons nombres d’entreprises et autant dire que ce n’est pas pour plaire aux habitants aises de Sucre (ou j’ai apercu quelques Hummers, ca contraste avec le reste du pays), Santa Cruz,… A tel point que sa presence n’est pas admise dans ces villes, et qu’il risque de fortes represailles s’il ose y pointer le bout de son nez… Edouard n’hesite pas a le comparer a Chavez et Castro, et souhaite fortement sa destitution meme si celle-ci doit se produire dans un bain de sang…

Apres cette breve introduction a la situation politique du pays, ou le salaire minimum est fixe a 50 euros par mois, je continue ma decouverte du centre-ville. Rapide passage dans une pizzeria locale et repos bien merite en afonant quelques episodes des Experts dans ma chambre initialement prevue pour 3 personnes (10 euros la nuit !), c’est fou ce que les mauvaises habitudes reviennent vite…

Samedi, rebelotte. Je passe la journee a flaner dans le centre, visite le couvent de San Felipe de Neri aujourd’hui converti en ecole pour jeune demoiselle, et monte jusqu’au mirador.  Je me sens vraiment bien dans cette ville, et le week-end apporte une touche de calme que j’apprecie.

Dimanche, direction Potosi, a trois heures de la. Architecture tout aussi agreable bien que legerement differente, je m’installe dans une petite auberge au fond d’une rue pietonne et disposant d’un petit patio interieur. Le calme en plein centre ville, je cheris l’endroit.

Potisi, c’est 500 ans d’histoire miniere. La mine d’argent la plus importante au monde historiquement parlant, elle est toujours exploitee par quelques 15000 mineurs. A l’epoque de sa decouverte au 16eme siecle, nos amis espagnols n’ont pas hesite a inviter gracieusement quelques millions d’africains pour en extraire le precieux metal. Impossible de savoir la quantite exacte d’argent qui en a ete retiree, mais certaines rumeurs pretendent qu’il serait possible de contruire un pont en argent de Potosi a Madrid, tout en continuant a acheminer le metal extrait de la mine sur le dit pont ! Les esclaves invites de la couronne effectuaient des shifts de 4 mois sous terre, avant de disposer de 4 mois de repos, et ainsi de suite…

Aujourd’hui, les mineurs sont regroupes autour de cooperatives qui leur achetent l’argent extrait de la mine. Ils peuvent egalement vendre le produit de leur travail a des entreprises privees, qui se chargeront de transformer le precieux metal en argent sonnant et trebuchant.  Les conditions de travail sont toujours incroyablement precaires et les mineurs les plus ages depassent rarement les 45 ans, la silice et autres emanations toxiques ayant raison de leur sante… Les heureux touristes que nous sommes ayant la possibilite de visiter certaines mines, je reserve mon voyage pour l’enfer des mon arrivee. 90 % des mineurs de la mine que je vais visiter (environ 2000 au total) sont la parce qu’il n’y a pas d’autre travail possible, 4% par tradition, 2% parce qu’ils aiment le travail (qu’ils disent), le reste du panel prefere ne pas se prononcer…

Aujourd’hui, c’est le grand jour. Apres avoir lu et relu la trentaine de lignes qui constitue l’avertissement preliminaire a la visite, signe une decharge attestant que mort, je renonce a toute poursuite a l’egard de mon organisateur, direction le premier arret. Au programme, seance d’habillage. Bottes, pantalon, veste, casque-lampe et bandana, nous sommes fins prets pour la deuxieme etape : le magasin du mineur. L’idee me plait : apres les explications de Ronaldo, ancien mineur hispanophone (toujours prendre les tours en espagnol : ils durent plus longtemps et les guides etant plus a l’aise dans leur langue, on dispose toujours de beaucoup plus d’informations), nous avons l’opportunite d’acheter quelques presents pour les mineurs que nous allons rencontrer durant la visite : batons de dynamites, feuilles de coca, sodas,… L’occasion egalement de gouter le Ceibo, alcool bolivien a 96 degres dont raffolent les mineurs pour son cout excessivement faible. 1 euros le litre, il y a moyen de s’y mettre a plusieurs pour vider la bouteille. Personnellement, le bouchon ingere aura suffi a desinfecter l’entierete de mon organisme, et je songe fortement a ramener une bouteille pour le jour ou j’aurai un quelconque travail de decapage a effectuer…

Armes de toutes ces provisions, direction le troisieme arret : l’”usine” ou les roches extraites sont traitees a travers differents procedes pour qu’au final seul l’argent soit present. Rien a voir avec ce que la modernite de notre epoque pourrait laisser sous entendre. De petits batiments, remplis de machines, de vapeurs de produits chimiques,… On ne visite pas la chaine de production Actimel de Danone (monsieur Vastemans !). L’automatisation est presente, mais les moyens employes semblent rustiques… Apres ce rapide cours de chimie et de traitement de la roche, direction l’entree de la mine…

Les avertissements sont nombreux concernant la visite de la mine. Outre l’agence, les guides touristiques mettent egalement l’accent sur le caractere dangereux que peuvent recouvrir ces deux heures passees dans le coeur de la montagne. Arme de tout mon equipement, c’est donc avec une legere apprehension que je penetre dans le mince couloir que constitue l’entree. Des tubes d’air comprime longent les murs pour raffraichir l’endroit (montagne d’origine volcanique, la temperature monte jusqu’a 54 degres dans certaines galeries), nous marchons entre les rails des wagons et apres quelques minutes de ce traitement, je commence a ressentir une legere oppression. La galerie empruntee est etroite, le plafond bas, et des millions de particules de silice flottent dans l’air. Conjuguees aux 4300 metres d’altitude et au manque d’air, elles rendent la progression penible et empechent une respiration normale. Le bandana, cense diminuer l’absorption de ces grains de poussiere et rendre supportable les odeurs de souffre et de produits qui nous entourent, augmente la sensation de chaleur et semble etre une barriere supplementaire a l’acces au peu d’air present. Nous ne sommes qu’au premier niveau et apres quinze minutes de ce traitement, notre groupe de 6 personnes se rend clairement compte des conditions de travail de l’endroit. Je savais qu’elles etaient dures, mais les vivre ainsi represente clairement un choc.

Du premier niveau, nous empruntons un etroit couloir en pente pour rejoindre le deuxieme et troisieme. A quatre pattes ou pieds en avant, il est plus facile de se laisser glisser sur les parois que de tenter de progresser courbe. Mon cote jouette prend le dessus (quand un puit ne constitue pas la fin de la glissade) et je commence a me sentir mieux dans cet univers. Ronaldo multiplie les explications et nous presente a quelques mineurs. Le plus jeune d’entre eux a 19 ans et travaille la depuis 2 ans, a raison de 8 heures par jour, 4 jours par semaine. Encore une annee a ce rythme et il aura assez d’argent pour se payer des etudes ! Les mineurs les plus chanceux et travaillant sur une bonne veine arrivent a gagner un peu plus de 400 euros par mois. D’autres arrivent a peine a se procurer les ustensiles indispensables a leur tache et a subvenir a leurs besoins. Au bout d’une galerie, trois hommes remplissent des paniers dont la charge varie entre 35 et 50 kilos. Nous sommes au troisieme niveau et ils acheminent ainsi la roche extraite vers l’exterieur. Ronaldo nous tend une pelle. A nous de pelleter quelques minutes. L’air est chaud, la silice toujours bien presente, et apres quelques minutes de ce traitement, force est de constater qu’il me serait impossible d’effectuer ce travail 8 heures par jour comme les hommes que j’ai en face de moi (et qui ne ressemblent en rien a des Rambos…).

Le retour vers le jour se fait par le meme itineraire. Au lieu de descendre, nous montons. Une occasion supplementaire de se rendre compte des conditions epouvantables dans lesquelles evoluent ces mineurs. C’est a bout de souffle et lessive que je retrouve le soleil, apres deux heures passees dans ce dedale de galeries. Pour egayer le groupe present, nous assistons a une explostion de dynamite, ressentons l’onde de choc, et remontons dans notre petit bus pour rejoindre le centre ville.

La visite de la mine restera clairement un des moments inoubliables de ce voyage. Ce fut l’occasion de penetrer dans le quotidien de ces fourmis (pas de connotation pejorative), travaillant ensemble dans des conditions indescriptibles pour assurer leur quotidien. Un travail penible ou les feuilles de coca representent un element indispensable pour pouvoir supporter l’environnement ambiant et ou notre groupe fut accueilli avec chaleur par chacun des mineurs que nous avons rencontre. Aujourd’hui, les reserves de la mine s’epuisent et augmentent ainsi la penibilite du travail. Mais 15000 personnes continuent a extraire des tonnes de roches quotidiennement pour permettre l’exportation d’un metal qui se retrouvera bien souvent au doigt ou autour du cou de quelques demoiselles en manque de bijou… Mettre le tout en perspective, rencontrer un jeune homme qui aura passe trois ans de sa vie au fond de la terre pour pouvoir se payer ses etudes, affronter les emanations toxiques et la silice, vivre ne fut ce que deux heures dans ce monde, vous comprendrez que la visite de Potosi aura represente quelque chose de fort a mes yeux. Et encore, je me sens toujours en periode de decantation face a ce que j’ai vu et ressenti…

Demain, et pas si loin de la mine, je vais poursuivre ma decouverte de Potosi, de ces magnifiques eglises et batiments datant de l’epoque coloniale et que le travail des esclaves (pardon) volontaires benevoles philanthropes africains et locaux aura servi a financer. Journee balade en ville, qui se cloturera par la prise de mon bus en direction de Tarija. Deux jours au pays du vin Bolivien et, de la, j’espere pouvoir trouver un itineraire non contraignant pour rejoindre Salta en Argentine…


Isla del Sol in the Shadow

avril 17, 2008

Un rapide message tant que ma memoire est fraiche et non encore alteree par les 16h de bus qui m’attendent cet apres-midi et cette nuit…

Comme annonce precedemment, c’est ce mercredi que j’ai effectue ma visite de l’Isla del Sol, dont la partie Nord est situee a 2h en bateau de Copacabana (en tenant compte que je marche probablement plus vite que le bateau, la distance n’est pas faramineuse…).

En posant le pied sur l’ile vers 10h30 du matin, je retrouve des sensations plus ou moins similaires a celles eprouvees lors de ma visite a l’ile de Taquile en 2000. Les iles du lac Titicaca semblent posseder ce charme totalement magique des lieux preserves du temps, de la turpitude du monde moderne, ou le touriste a l’impression de se plonger dans le passe et de se retrouver face a des communautes qui vivent selon des rites bien etablis depuis des siecles et des siecles.

La visite de l’ile commence par un rapide passage au musee local. Notre guide Francisco nous emmene ensuite dans la partie Nord pour visiter differents sites utilises par les Incas. Table de sacrifice (jeunes vierges dont le coeur etait arrache en guise d’offrande au Dieu soleil), pierre sacree,… peuplent le rapide tour que nous effectuons. L’altitude n’est pas trop taxante et en exceptant les quelques montees qui parsement le trajet, mes poumons semblent tenir le coup a un peu plus de 3800 metres.

Une fois la visite terminee, nous avons le choix : retourner a notre point de depart et reprendre le bateau pour la partie Sud de l’ile ou rejoindre cette partie en suivant un sentier longeant les cimes de l’ile. Va pour la deuxieme option. La balade doit durer trois heures, et est l’occasion de profiter des paysages qu’offre l’ile.

La balade est agreable, le soleil m’inflige quelques brulures et je suis heureux d’avoir fait une bonne provision d’eau.

Durant cette journee cependant, j’ai pu me rendre compte de maniere plus directe des effets pervers que le tourisme pouvait avoir sur des communautes isolees. Il m’est arrive de penser a de nombreuses reprises a la notion de tourisme “ethique”, et de la maniere dont cette ressource generatrice de revenu pourrait etre utilisee afin de participer au developpement de zones rurales possedant un interet touristique quelconque. Faire loger un touriste chez l’habitant dans un village isole, lui permettant ainsi de s’impregner de la culture locale et offrant a son hote un revenu qu’il n’aurait pas autrement tout en lui permettant de se confronter a une culture differente, permettre a un touriste de poser les pieds sur l’Isla del Sol ou l’ile de Taquile, le faisant penetrer dans ce qui semble etre une oasis de tranquilite en comparaison a ce qu’il vit quotidiennement et offrant ainsi a la communaute des revenus complementaires a leur activite principale,…

L’Isla del Sol compte 2500 habitants, repartis entre le Nord et le Sud de l’ile (schema belge ?). La ressource principale provient de l’agriculture. Quelques hostels et restaurants sont presents, permettant aux touristes desireux de profiter du calme et de la magie de l’ile loin des hordes de visiteurs d’un jour. Autant dire que la population de l’ile semble vivre en vase clos, ne se deplacant sur le continent que rarement.

Lors de notre marche du Nord au Sud de l’ile, nous avons du franchir un poste de controle separant les deux parties de l’ile. Une taxe de passage fut demandee a l’ensemble des touristes. Pour ma part, je refusai de payer la premiere fois, le facies de mes controleurs ne m’inspirant pas confiance et le montant exige me paraissant en inadequation totale avec le cadre dans lequel j’evoluais. Une bonne demi-heure plus tard, un autre controle, et une nouvelle demande de taxe a payer pour pouvoir passer. Quatre touristes y sont arretes. Ils ont paye au premier poste, et ne veulent pas payer une seconde fois (reaction logique s’il en est). Le couple Allemand avec qui je voyage depuis Uyuni fait partie des recalcitrants et abuses touristes. Apres moultes palabres, il s’avere que le ticket achete au premier poste est un faux, une escroquerie mise en place par certains habitants de l’ile pour extorquer quelques deniers supplementaires aux visiteurs.

Dans le meme temps, les enfants presents sur l’ile ont la facheuse tendance a quemander photographies, argent, de maniere excessivement insistante… Ils n’hesitent pas a plonger leurs mains dans les sacs de provision des touristes, a la recherche de cookies et autres delicatesses, et quelques gestes insultants repondent souvent au refus des touristes.

A mes yeux, ces deux phenomenes ont illustre de maniere forte les effets pervers que le tourisme pouvait provoquer au niveau tres local. En regle generale, les touristes sont souvent percus comme des portefeuilles ambulants, mais la technique d’approche est differente et beaucoup plus douce. Dans le cas present, j’estime que la presence de touriste au sein de ces communautes doit s’accompagner d’un plan d’education, tant des enfants que des adultes. La presence des touristes doit resulter d’une volonte des habitants et non de l’imposition de quelques tour operators qui voient clairement le potentiel economique qu’ils peuvent tirer de l’endroit. Dans un meme temps, il est egalement primordial que nous, touristes, gardions a l’esprit la chance que nous avons de pouvoir nous rendre dans ces endroits et agissions ainsi en consequence ! Loin de penser que je suis le touriste parfait, loin de la, il m’a ete donne de voir certaines choses durant mon sejour dont je ne reviens toujours pas (suis peut etre trop obtu). Le touriste a egalement besoin d’etre eduque !

Si ces communautes ne veulent pas perdre leur ame en la vendant au diable touristico-economique, elles ont interet a prendre des mesures rapidement. Je n’ose pas imaginer le futur de l’Isla del Sol dans 10 ans, lorsque les enfants qui auront vu leurs parents arnaquer les touristes en leur vendant de faux tickets et apres avoir eux-memes farfouiller dans les sacs des touristes accueilleront le sourire aux levres les pigeons d’un jour…