Gentes dames et gentils messieurs, trouvez ci-dessous la narration de l’un de nos periples a travers la sierra mexicaine… Cette histoire date du lundi 7 juillet 2003…
Once upon a time,
On s’etait dit : “Pour aller a Puerto Angel, autant prendre un bus 2eme classe. C’est plus economique, ca va plus vite et en plus, on traversera la sierra, ce qui nous promet de magnifiques paysages”.
On s’etait dit : “Les bus 2eme classe, ca sait pas etre trop degueu, puisque la legende veut qu’il s’agisse de bus 1ere classe declasse… Et puis au pire, c’est seulement pour 5 heures…”
On s’etait dit : “Autant y aller de jour, on verra le paysage, de splendides etendues boisees a perte de vue…”.
Le constat de tous ces “on s’etait dit” est plus que folklorique. Tout d’abord, il est vrai que les bus 2eme classe furent un jour des bus 1ere classe… il y a 20 ans. Et a mon avis, ils n’ont pas du passer le controle technique souvent, et surement pas depuis 15 ans. Un bon ptit moteur dope aux amphets pour tenir le coup, un chauffeur drogue a la C pour assumer les 8h que prendront finalement le voyage, on a tous les elements pour former un couple de gagnants hors pairs…
Malgre cela, il faut reconnaitre que les sieges sont restes confortables (bien qu’un peu beaucoup poussiereux) et qu’il y a de l’espace pour les jambes. Enfin en theorie, car lorsque le chauffeur a la bonne idee de tripler la capacite de son car en installant confortablement ses passagers dans l’allee centrale, on commence a eprouver quelques difficultes a se mouvoir. Surtout que le Mexicain utilisateur principal de ce type de transports ne voyage pas seul, loin de la. Un Mexicain, c’est un peu comme un escargot, mais en plus imposant. Il emporte tout ce qu’il peut avec lui : sacs de pains, 10 bouquets de fleurs sechees, une television, des seaux contenant des champignons, des oignons, d’immenses paquets de produits divers, on comprend tres vite que ce n’est pas un bus qu’il aurait fallu, mais plutot un semi-remorque voire un C130.
Et quand on sait que le chauffeur connait a peu pres tout le monde sur les 60 derniers kms du trajet, on comprend comment les 5h theoriques deviennent 8h en pratique…
Il faut aussi savoir que le chauffeur de bus 2eme classe Mexicain est on ne peut plus charitable. A peine le bus vide de ces passagers ailiers centraux (neologisme servant la cause de ce recit), nous avons eu le plaisir de croiser un bus en panne. N’ecoutant que son bon coeur, notre roi du volant a alors decide de tenter le tout pour le tout, en prenant en charge l’integralite des passagers de l’autre bus… Un grand moment de solitude pour les pauvres routards que nous sommes…
Finalement, le voyage s’est deroule sans encombres majeures, et a l’heure ou j’ecris ces quelques lignes, j’admire l’un des plus beaux paysages de ce voyage : l’Ocean Pacifique et ses vagues demesurees baignant la plage semi-deserte de Zypolite, a quelques encablures de Puerto Angel…
A bientot,
Biz,
J.