Charlie’s Island

mars 25, 2008

Ma deuxieme journee Valdivienne fut beaucoup plus tranquille que la premiere, probablement suite a la consommation quelque peu elevee des produits brassicoles de cette magnifique region. Balade en ville, passage oblige dans un fast food renomme (principalement pour les vertus curatives des mets servis) et cinema avec Emma et Scott apres l’ingestion d’une enorme glace, je me la suis coulee douce.

Vendredi matin, je poursuis ma remontee vers Santiago. Ma prochaine etape est Pucon, petite ville au bord d’un lac et aux pieds du volcan Villarica. Le trajet est court, et apres avoir marche pendant 30 minutes a la recherche de mon auberge (ils ont demenage, ces cons), je peux m’installer confortablement dans le jardin, d’ou j’ai une vue degagee sur le Volcan.

Pucon, c’est un peu le Disneyland a la Chilienne, le Courchevel, le Saint-Trop de l’activite extreme. Trekking sur le volcan emmitoufle dans une combi et affuble d’un masque de protection contre les gazs, rafting sur des rivieres de niveau IV et V, Jet Ski, VTT, il y en a pour tous les gouts mais pas pour tous les portefeuilles. A Pucon, les rues sont propres, les terrasses bondees. Les 4X4 et autres Pickups envahissent les rues, les enfants peuvent rouler dans de petites voitures electriques sur la Plaza de Armas et, pour souligner le raffinement extreme qui se degage de tout cela, les supermarches diffusent de la musique classique. Autant vous dire qu’apres le mois et demi passe loin de ce genre d’atmosphere, je suis quelque peu dephase et loin d’apprecier. Au final, je suis bien content de n’y rester qu’une journee et demie…

Samedi, et ayant refuse de payer 100 US dollars pour escalader ce bon vieux volcan (en passant devant les differentes agences vendant le produit, la nuee de touristes en train d’essayer combinaisons et bottines me dissuadent de tenter l’experience), j’approfondis ma connaissance des environs. Mon bus pour Santiago part a 21h00, j’ai donc une petite journee a tuer.

A 21h, delivrance, mon Double Deck estampille Semi-Cama prend la route de Santiago. Afn d’agrementer notre  voyage, la compagnie nous diffuse deux films : 1h35 du Seigneur des Anneaux - Chapitre 1 et 42 minutes de Transformers. Je me marre interieurement, mais ca a le merite de me donner l’envie de voir la suite de Transformers… un jour… peut-etre…

A 7h00 du matin petantes, je debarque la tete dans le pate et les yeux bouffis en plein coeur de Santiago. Les rues sont desertes et mon taximan n’hesite pas a faire quelques detours histoire de faire grimper le compteur avant de finalement me deposer devant une auberge… fermee. Qu’a cela ne tienne, il y en a une autre a proximite immediate (ca joue a Santiago, la proximite, surtout avec un taximan qui n’a pas peur d’user sa gomme de pneumatiques et de vider son reservoir a vos depens…). Complete… Mais le gerant nous donne une autre adresse, a quatre blocs de la. Toujours genereu et affable, je congedie delicatement mon chauffeur, lui disant que la distance ne me fait pas peur et que je peux m’y rendre facilement a pieds. Apres 100 metres, le sac sur le dos, alors que les rues ne sont peuplees que de gens au facies bizarre et a la demarche titubante, je me dis que ce n’est peut-etre pas la meilleure solution, surtout que les explications du gerant me semblent bien lointaines… J’avise un autre touriste et son taxi, qui eprouvent visiblement les memes soucis que moi. 10 minutes plus tard, il nous depose devant une autre auberge, complete egalement, mais qui nous met sur liste d’attente et nous demande de patienter 4h, le temps que les eventuels backpackers en partance quittent les lieux. Pendant une heure, je squatte donc un bon vieux fauteuil. L’auberge se reveille petit a petit, j’ai faim, et je veux un lit. Nous sommes cinq a attendre. Apres une breve discussion avec un allemand dans le meme cas, je reveille Jan, le touriste au taxi, et nous decidons de nous diriger vers une petite pension familiale situee a 500 metres de la, dans une impasse. Le Lonely la qualifie de “quirky” (je ne connais toujours pas le sens precis de ce terme, mais j’ai maintenant une vague idee de ce qu’il signifie).  A voir l’allure des salles de bains et des chambres, on comprend qu’ils aient de la disponibilite quand tout le monde est complet mais pour une nuit, cela fera amplement l’affaire (et je compte d’ailleurs y retourner apres mon sejour sur mon ile)…

Sieste oblige apres cette longue nuit et periode d’errance, c’est en milieu d’apres-midi que je pars faire un rapide tour du centre de Santiago. La ville est un peu morte, week-end et fetes de Paques obligent. Passage dans le parc de Santa Lucia, zigzags entre ruelles et grandes avenues, le centre de Santiago me plait bien et je planifie d’y rester au moins deux jours a mon retour.

Dimanche matin, c’est le grand jour. A 5h15, j’emerge apres avoir dormi trois heures, ma residence preferee etant situee juste en face d’un bar fermant ses portes a 2h. Une navette vient me prendre et parcourre les 45 minutes necessaires pour rejoindre l’aeroport en 17 minutes. J’ai beau me sentir comme un bon vieux papier peint qu’on decolle a la vapeur, la  conduite pour le moins sportive de Schumi me maintient en eveil pendant tout le trajet. Check-In, douane, toujours pas de fruits, et j’embarque pour l’Ile de Paques…

Cinq heures de vol plus tard, j’aterris sous un mince crachin. Accueil collier de fleur/coquillages, rapide tour dans le centre avec notre hote qui nous donne tous les bons tuyaux pour survivre aux prix indecents pratiques par les commercants de l’ile, depot des sacs, et rencontre avec les locataires de l’auberge.  Je passe l’apres-midi a papoter et m’offre un petit restaurant polynesien en debut de soiree. Un regal, et un changement radical par rapport a la cuisine Argentine et Chilienne, ca me fait un bien fou.

Lundi, j’effectue ma premiere reconnaissance sur la cote Ouest de l’ile. A proximite du centre, le long de la cote, les premiers Moai’s ont les yeux leves vers le ciel. En groupe ou solitaires, coiffes ou pas, il s’en degage quelque chose de special, et l’absence d’une legion de touristes permet de profiter pleinement de chaque site. L’un des Moai’s a les yeux peints, et l’envie de suivre son regard pour comprendre ce qu’il regarde est incontrolable. J’ai hate de me rendre sur les autres sites. A cette fin, j’ai decide de me louer un petit scooter pour une periode de trois jours. Location reportee a mercredi, le temps de ce mardi etant quelque peu pluvieux. Un bon ptit crachin bien de chez nous, les 30 degres en plus.

Sur ce, il est temps pour moi de vite passer au supermarche, en esperant qu’ils aient encore de quoi boire et manger (ici, la loi de l’offre et de la demande regne en maitre. Certains mini-supermarches sont specialises dans certains types de produits, et si vous voulez une pomme, un coca et un paquet de biscuits, il faut parfois faire le tour de trois enseignes pour trouver votre bonheur. Le tout avec des prix en rapport avec la rarete du produit recherche… Amusant !)…


4 minutes vs. 6 years

mars 21, 2008

Parce que l’initiative me plait, que ceux qui le souhaitent mobilisent quatre minutes de leur temps pour prendre connaissance du message… et decident eventuellement de le repercuter…


Aubergiste !

mars 20, 2008

Etre tenancier ou responsable de la gestion quotidienne d’une auberge n’est pas toujours une sinecure… Depuis le debut de mes peregrinations, j’ai eu l’occasion d’en rencontrer une bonne vingtaine, me confrontant ainsi a des caracteres et des comportements souvent differents.

Petit voyage au coeur de ces profils :

- L’enthousiaste interesse : le sourire aux levres, hyperkinetique, toujours en mouvement. Quoique vous fassiez, ou que vous alliez, son aura plane autour de vous. Il a reponse a tout, connait tous les plans pour vous divertir dans les environs immediats de son auberge. En regle generale, votre divertissement implique une transaction financiere en sa faveur, majoree de sa commission. Habituellement vetu d’un gilet de marque, pantalon en toile et mocassins assortis.

- Le paranoiaque traumatise : les murs de son auberge sont recouverts de panneaux en tout genre. En prendre connaissance implique la mobilisation de toutes vos facultes, et peut egalement vous amener a ameliorer vos connaissances linguistiques. Les langues les plus courantes sont l’espagnol, l’anglais et l’hebreu. Les sujets les plus souvent abordes tournent autour de l’interdiction d’installer quoique ce soit sur les ordinateurs, l’obligation de faire sa vaisselle apres l’utilisation de la cuisine, et le jet de papier hygienique dans la corbeille sise a cote du trone… Rejoint souvent l’enthousiaste interesse…

- Le saisonnier tombeur : jeune, souvent de nationalite americaine, il regne en maitre sur son domaine. Le sourire charmeur, 20 ans mais trois tours du monde a son actif, il fait fureur aupres de ses compatriotes de sexe feminin. Comme les coiffeurs, il possede un avis sur tous les sujets, est generalement un fervent opposant de Georges Bush, et tente de convaincre toute sa basse-cour de l’accompagner en boite ou au Karaoke local. Look Che Guevera de rigueur.

- Le rebelle capitaliste : le tourisme et l’accueil de vacanciers lui permettent de financer sa passion et son amour pour la region dans laquelle se trouve son auberge. Le touriste l’emmerde, mais c’est un mal necessaire, il faut faire avec. Sa langue se delie generalement apres le cinquieme verre de Pisco Sour on the rocks, et tout le monde en prend pour son grade.

- Le detendu du slip affable : il vous fait passer un moment des plus agreables au sein de son auberge. Tranquille, de bonne compagnie, sa gentillesse et disponibilite vous donnent envie de prolonger votre sejour. Point besoin de consommer. Adepte des longues discussions de fin de soiree, il aime partager ses points de vue et decouvrir les votres. Il retient votre prenom, vous invite a boire un verre, et demarre le feu de camp la guitare sous le bras.

- le couple-enfant-en-bas-age : tient la maisonnee avec rigueur et fermete, avec le zeste de bonhommie familiale qui convient a l’endroit. Discret mais efficace, il donne le sentiment de se sentir chez soi. Liberte totale tant que l’on n’ecrase pas le chiot ne en meme temps que leur progeniture.

- le surpris endormi : vous ouvre la porte et manque de faire une crise cardiaque lorsqu’il decouvre quatre touristes en quete d’un lieu pour dormir. “Deux chambres ? Vous etes sur ? C’est que je ne vous attendais pas moi… Et mon auberge est vide… Je ne sais pas si je vais pouvoir… Combien de temps ? Une nuit ? Heeeuuuu…”. L’air surpris ne disparait que longtemps apres votre inscription dans son registre. C’est generalement chez lui qu’on revient trempe par une bonne drache et qu’on inonde son couloir “Ah ! Il pleut ?”. Echanges limites.

- La Mama spittante : vous fait la fete quand vous arrivez, comme lorsque Medor sent que c’est bientot l’heure de son Canigou. Ca bondit, ca saute en tout sens, ca vous attend a la sortie du bus. Tout est fait pour vous mettre a l’aise. Tour des habitations, des commodites, planification de votre sejour jusque dans les moindres details, le tout sourire aux levres. Contrairement a l’hyperkinetique enthousiaste, elle n’hesitera pas a vous donner de bons filons gratuits. Generalement de corpulence forte avec une propension averee pour le rire social, s’exprimant pour tout et n’importe quoi.

- La Mama Mossad : dirige seule son etablissement. La main de fer dans un gant de velour. Elle repond toujours par la negative a toutes les question ou vous esperez un oui, et n’hesite pas a vous intimer l’ordre de vous taire lorsque vous demandez le prix de votre chambre devant d’autres touristes. Adepte du langage des signes, secrete et omnipresente, elle inspire le respect. Vous ne connaissez le montant de votre sejour qu’au moment de partir, et encore, elle semble encore y reflechir apres avoir receptionne votre obole. Comportement discret et sagesse indispensable.

- Le veteran autoritaire : a tout vu et tout entendu. Chez lui, on marche au pas, et pas question de picoler dans la salle commune. Ton sec, gestes assures, il entretient un minimum de contact. Les phrases les plus courantes sont “Combien de nuits ?” - “Tu pars quand ?” - “Tu peux me payer maintenant ?”. Son environnement est majoritairement compose de marins et d’ouvriers, et je rentre quatre fois dans les manches de son T-Shirt. Tatouage de Popeye sur le triceps optionnel.

- Le permissif nonchalant : chez lui, c’est chez vous. Des panneaux vous interdisent de fumer dans les chambres et a la reception, il vous fournit le cendrier en s’allumant lui meme un cigare. Son endroit semble dater d’une autre epoque, et le passage frequent de couples payant un tarif horaire ne semble pas le deranger plus qu’autre chose…


Day 44

mars 19, 2008

Finalement, ma soupe au potiron, tant attendue et esperee, je ne l’aurai point eue, un groupe d’anglo-saxons fort bruyant ayant envahi mon petit restaurant de predilection… Mais qu’a cela ne tienne, je me suis rattrape le lendemain matin lorsque, au petit dejeuner commande avant de prendre mon bus, un enorme morceau de tarte au chocolat me fut servi (impossible d’y toucher, au ptit dej, ca faisait un peu trop…).

Il y a donc un tout petit plus d’une semaine que j’ai quitte El Chalten et son Fitz Roy. Mardi, j’apporte le petit dejeuner au coq et a ses poules (deux tranches de Bacon, un oeuf sur le plat et des Chicken Nuggets), leur inculquant ainsi quelques notions de cannibalisme… Je sais, c’est cruel… La journee sera longue, douze heures de bus le long de la Route 40. Le trajet est ponctue par de nombreuses haltes dans des Estancia perdues au milieu de nulle part. L’asphalte laisse vite la place aux bons vieux cailloux et nids de poules tant apprecies, et le voyage se passe dans les soubresauts et la poussiere. Vers 22h00, le bus me laisse devant une auberge du centre de Los Antiguos. L’accueil est chaleureux, et je suis heureux de me plonger sous la couette.

Mercredi matin, je decapite le coq et explose ses poules a la dynamite. Faut pas pousser non plus, il y a un moment ou me lever avant le soleil devient penible. Accompagne d’Olaf (un allemand) et d’Emma et Scott (un jeune couple anglais, tous rencontres dans le bus de la veille), je monte dans un petit van, direction la frontiere… Comme d’habitude, mon sac est inspecte (je ne me formalise plus), mais j’ai retenu la lecon : plus de fruits ni de fromages, je suis clean !

En repassant du cote chilien, je fais mon entree dans la region de Patagonie du Nord, connue pour sa route qui la traverse de part en part, la Carretera Austral. Non pavee, elle serpente a travers les montagnes, longe de multiples lacs, et se reduit bien souvent a un mince bandeau de terre empechant deux vehicules de se croiser. Les distances sont couvertes bien souvent en plusieurs jours, et relativement peu de touristes s’y engagent, les moyens de transport n’etant pas legion. Il est facile de s’y retrouver bloque pour plusieurs jours, et le seul moyen d’en sortir est soit de repasser en Argentine par voie terrestre, soit de prendre un ferry ou un avion.

De Chile Chico, je decide de prendre un ferry pour Puerto Ibanez, ou un bus assure le transfert vers la ville de Coyhaique, la capitale de la province. Le ferry ne dure que trois heures, et evite de passer deux jours dans un bus pour couvrir la meme distance. A Coyhaique, je prends mes nouveaux quartiers avec Olaf dans une auberge situee en plein milieu des bois, a 30 minutes a pieds du centre ville. Entoures de pins, chauffes au poele, je me sens loin de ses 150.000 habitants.

Durant tout mon sejour en Patagonie du Nord et le long de la Carretera Austral, j’ai ete epoustoufle par les paysages rencontres. Rien a voir avec le desert Argentin, il m’est difficile d’exprimer ce que j’ai ressenti durant cette traversee. Certainement l’un des endroits le plus preserve que j’ai pu voir, ou la diversite de la faune et de la flore peut encore s’exprimer a l’abri des dangers de notre facon de vivre, pour peu de temps encore. A partir de cette annee, deux entreprises vont commencer les travaux de construction de quatre barrages dans la region, afin de produire de l’electricite qui sera rapatriee vers Santiago a l’aide de 2300 kilometres de cables et d’un pilone tous les 70 metres… Deux de ces barrages seront situes sur le Rio le plus actif du monde, modifiant ainsi tout son eco-systeme. D’apres l’une des entreprises, l’exploitation des barrages ne sera plus possible dans 50 ans… Afin d’installer les precieux pilones, des milliers d’hectares de forets seront abattus, representant ainsi le plus grand chantier de deforestation au monde ! Tout ca parce que le Chili vit actuellement une croissance de la demande d’energie de 7% par an et qu’aucune autre solution n’a ete trouvee (ou envisagee ?). 50 ans de vie, toute une region defiguree par des pilones, des eco-systemes entiers menaces, la vision a court terme des autorites est choquante… Les quelques discussions que j’ai eues avec un volontaire d’une des ONG qui s’oppose au projet furent plus qu’interessantes, mais je doute que leur action soit couronnee de succes. Les enjeux financiers sont beaucoup trop importants…

Jeudi, petite journee tranquille a Coyhaique et a Puerto Aisen (ville ou se trouve le plus long pont flottant du Chili… selon eux… doit faire 50 metres de long…), entre deux bus. L’occasion de parcourir un peu les alentours de la ville et de se repeter inlassablement qu’on est bien mieux en Patagonie chilienne.

Vendredi, journee “bus”. De Coyhaique, 420 kilometres a parcourir pour rejoindre Chaiten, le tout en douze heures de trajet. Le “bus” se revele vite etre un minibus, et le minibus se revele vite beaucoup trop petit pour transporter 18 personnes et leurs bagages. Notre chauffeur fixe rapidement les sacs derriere la banquette arriere a l’aide d’une toile d’araignee de cables, et le couloir se remplit de caisses et autres residus de bagages. Pour ma part, j’herite du petit siege du fond, sur la roue. Je suis aux anges. Malgre l’inconfort relatif du minibus, la journee reste neanmoins splendide. La Carretera Austral nous emmene dans des recoins magnifiques de la region, ou nous croisons quelques cyclistes tres tres motives, et ou les ouvriers continuent d’elargir certains passages… A Chaiten, chambre avec vue sur la mer et une tenanciere sortie de la quatrieme dimension, qui manque de s’evanouir quand elle voit quatre touristes sur le pas de sa porte lui demander si elle a des chambres de disponibles.

Samedi, et pour quitter la Patagonie par la petite porte, j’embarque sur un ferry ayant comme destination les iles de Chiloe, archipel au sud de Puerto Montt. Les iles possedent une culture differente du reste du pays, et une mythologie relativement centree sur la mer, les marins, les sirenes, et tout les interactions possibles et imaginables entre differents esprits. Les iles hebergent egalement une multitude d’eglises en bois, dont certaines sont Patrimoine de l’Humanite. La traversee s’effectue sans encombres, malgre la tempete qui se dechaine sur Chaiten. Une fois en mer, calme plat et longue discussion avec deux marins bretons (etrange coincidence). L’un d’eux a vecu 30 ans sur son bateau, croisant principalement dans les Antilles, avant de le revendre et de s’acheter une ferme sur Chiloe. Mais marin un jour, marin toujours, il a commence la construction d’un nouveau navire, l’appel de la mer etant le plus fort… Debarque a Quellon (ville mondialement connue pour etre la fin de la Panamerican, qui relie Fairbanks-Alaska a Quellon-Chile), je saute dans le dernier bus pour Castro, ville situee plus au nord et reputee beaucoup plus charmante.

Dimanche, jour du Seigneur oblige, je visite differents villages de l’Archipel avec Jerome, un francais rencontre dans le minibus de l’avant-veille. Dalcahue, Achao, Curaco, chaque petit village a son eglise en bois et son port de pecheur.

Lundi, on the Road Again. De Chiloe, je me rends a Valdivia, ville universitaire situee au confluent de trois rivieres… Les paysages le long de la route sont toujours aussi splendides. J’apercois montagnes et volcans, le tout sous le soleil qui m’avait quitte depuis Chaiten…

Hier, grande journee balade dans la ville. Ambiance detendue, je me promene le long de la riviere et fait un detour par le marche au poisson. Juste derriere, une colonie de sea lions a etabli son quartier general. Farniente au soleil et bouffe gratuite procuree par les badauds, ils ont trouve la leur paradis. En fin de journee, accompagne de Emma et de Scott, direction la brasserie Kunstmann pour y visiter le musee et gouter les sept bieres produites dans l’endroit. Comble de malchance, et pour me rappeler ma visite du jardin des papillons au Costa Rica en juillet dernier, le musee est en renovation. Nous nous rabattons donc sur la degustation des bieres, attribuant une note a chacune, avant de prendre une colonne (2,5 litres) des trois meilleures… On est belge ou on ne l’est pas !

Ce mercredi, je planifie mon depart de demain et deambule gaiement dans le centre ville. Apres la Patagonie du Nord et les iles Chiloe, Valdivia represente une sorte de retour a la civilisation (qui ne m’avait aucunement manque d’ailleurs). Demain, direction Pucon et son lac, ou je devrais rester jusque vendredi soir ou samedi matin. Samedi, je prends Santiago d’assaut, y passe une nuit de principe, avant de m’envoler pour l’Ile de Paques dimanche matin pour la chasse aux oeufs… Une petite semaine relax au pieds des statues, j’ai hate !


Les Quatre Saisons

mars 11, 2008

Voila un retour en Argentine qui s’est excessivement bien passe. Vendredi, apres seulement cinq toutes petites heures de cars a travers les paysages desertiques de la Patagonie, je fais mon entree a El Calafate, point de depart des differents tours qui sillonnent le sud du Parc National des Glaciers. Ville verte, oasis au milieu du desert, El Calafate subit de belle maniere son essor touristique. Un peu comme Ushuaia, mais pas de port pour y debarquer nos fameux Boat People… L’endroit presente neanmoins un certain charme, et la perspective d’aller voir le glacier Perito Moreno le lendemain suffit a lui pardonner ses quelques defauts.

Samedi, reveil avec les poules et le coq qui hurle a quelques encablures de mon auberge. Je saute dans un bus double etage flambant neuf de la compagnie Always Glacier (non non, on ne se sent pas touriste pour un sou) et direction le Perito. Pendant le trajet, Andres nous livre moultes informations sur la Patagonie, la region, le glacier. Malgre tout cela, je m’avoue totalement non prepare a ce que j’apercois au detour d’un virage. Au loin, le glacier descend vers le lac Argentina, sa paroi avancant dans l’eau jusqu’a la pointe de la peninsule sur laquelle nous nous trouvons. Son avancee se fait en forme de pointe de fleche, la face Sud et la face Nord etant separee par notre mince bande de terre… Le Perito est le seul glacier de la region qui avance encore. Et pas un peu : deux metres par jour ! Dans les jours-semaines qui viennent aura lieu la “rupture”, moment ou la pointe du glacier, en contact avec le continent, s’effondrera sous la pression exercee par l’eau du lac… Impressionnant !!! Le bus nous depose au debut des balcons, et je commence l’approche de la paroi Sud du glacier. 40 a 60 metres de hauteur (110 sous l’eau !), 2,5 km de long, l’ensemble est majestueux. Au fil des deux heures dont nous disposons, nous assistons a la chute de morceaux de ces parois, la reverberation et les ondes provoquees par les blocs rendant le spectacle dramatique.

Une fois l’ensemble des balcons epuises, direction le “port”, ou un catamaran nous attend pour nous amener un peu plus pres du glacier. Ma frustration est sensible quand j’apprends que nous resterons a 300 metres minimum des parois. Apres seulement 10 minutes de navigation, et alors que nous sommes dans le perimetre des 300 metres, 40 metres de parois s’effondrent juste devant nos yeux. Ma frustration s’evanouit directement lorsque je vois l’eparpillement des blocs, et surtout l’onde de choc provoquee : deux enormes vagues se rapprochent a grande vitesse de notre embarcation. Notre capitaine a juste le temps de positionner son navire pour que l’absorption se passe au mieux. L’eau bouillonne encore, nous tanguons, je venere les 300 metres !

Dimanche, je m’occupe de reveiller le coq et ses poules. Mon bus m’emmene a El Chalten cette fois, dans la partie Nord du Parc des Glaciers. El Chalten, c’est 2000 habitants, des rues ou les trottoirs commencent seulement a apparaitre, et ou les connexions internet font regretter le temps de la machine a ecrire… C’est aussi le village que l’Argentine s’est empressee d’etablir pour pouvoir justifier son droit sur le territoire des Glaciers presents dans la region. Et quand on sait que le Parc represente la troisieme reserve d’eau potable du monde, apres l’Antarctique et le Groenland, il est clair que la region represente un interet geo-strategique important… Bien joue !

Juste derriere le village, le Fitz Roy et le Cerro Grande, quelques glaciers, et des sentiers a parcourir au coeur de la nature. De la route qui nous y conduit, la vue est splendide. J’avais legerement hesite a venir jusqu’ici, devant etre le 23 a Santiago, je commence a rationner mes differentes etapes. Au final, je suis ravi ! Il souffle un bon vent a decorner un bouquetin (?), la poussiere vole, ce n’est pas encore Disneyland, et les paysages au coeur du parc ont l’air grandioses.

Ce lundi, je m’arme donc de deux bouteilles d’eau et d’un petit paquet de biscuits chocolat-vanille (un ersatz de Choco-Prince locaux, pas desagreables ma foi). Direction le Cerro Grande, mont culminant a plus de 3100 metres, au pied duquel se trouve lagune et glacier. 4h aller - 4h retour. Le temps est clement, le vent leger en debut de parcours. Un panneau a l’entree du sentier me conseille de ne pas faire le trajet seul, des pumas rodant dans la region. Je ne m’y arrete pas, j’adore les chats. Un puma, c’est un gros chat et au pire, mes biscuits chocolat-vanille seront parfaits pour lancer une negociation… Apres 3h de marche, j’arrive au pied de la lagune. Le glacier se dessine au loin, occupant toute la paroi de la montagne. Une heure d’effort supplementaire, et j’arrive au sommet d’une butte, donnant une vue beaucoup plus proche du glacier. Le Cerro Torre est dans les nuages, le soleil inonde le glacier.

Lors de mes precedentes compositions, j’avais deja evoque le vent qui soufflait sur la Patagonie. Aujourd’hui, je lui ai parle, je l’ai combattu, je l’ai insulte, je l’ai vaincu. Lors de la derniere heure de ma balade, le sentier se retrecit fortement et est compose principalement de rocs et cailloux disposes en tous sens. Avec une denivelee relativement forte par endroits, le chemin reste neanmoins accessible si le vent ne s’en mele pas. Mais voila ! Eole, ayant decrete qu’il ne supportait pas mon air goguenard de limace suante sous le soleil, a decide de s’en donner a coeur joie. Jamais je n’ai connu de vents d’une telle intensite (n’allez pas sortir cette phrase de son contexte !). Soufflant de maniere continue ou en rafale, c’est tout mon equilibre qui est fausse. Et le sac a dos contenant victuailles, vetements chauds et appareil photo n’est pas la pour diminuer ma surface de contact… Plus d’une fois, je me suis senti comme le moustique qui se prend un pare-brise a 160 km/h, et plus d’une fois, j’ai du m’accroupir pour reprendre respiration et equilibre. Le moment le plus critique fut certainement celui ou, tentant de prendre une photo du glacier, une rafale m’a tout simplement fait choir sur un lit de plantes qui, heureusement, a amorti ma chute…

De retour a El Calafate, tout endolori, je sieste une petite heure avant de venir poster ce message (en esperant que la connexion ne plante pas au moment ou je clickerai sur Envoi… If you read this…). Demain, je pars pour Los Antiguos, douze heures plus au Nord, juste a la frontiere avec le Chili. De la, je devrai composer un itineraire approximatif pour rejoindre les iles chiliennes de Chiloe. Les connexions entre les differentes villes de cette region ne sont pas des plus simples, je n’exclus pas la possibilite de reprendre un petit coucou pour abreger mes temps de trajet…

Sur ces bonnes paroles, je m’en vais vite me jeter une soupe de potiron, specialite des villages a proximite du Parc si j’en crois leur presence sur toutes les cartes que je consulte. J’en suis raide dingue !


Global WarNing

mars 6, 2008

Dieu du ciel ! Une semaine que je n’etais pas venu alimenter ce blog. Apres un mois, on sent deja transparaitre un certain laisser-aller !

Comme explique precedemment, c’est via Puerto Williams que j’ai fait mon entree au Chili. Mon amour pour l’endroit n’a fait que se confirmer tout au long de mon sejour. Le jeudi, petite journee tranquille, passee principalement a lire Lunar Park, l’un des derniers  Bret Easton Ellis et qui m’a totalement scotche. Impossible de decrocher, il fallait que je le termine, meme si la fin est quelque peu tarabiscotee.

Et tant qu’a faire une petite parenthese sur les bouquins qui m’accompagnent pendant ce sejour, me voila dans le pate, ils sont tous finis. Plus rien a lire si ce n’est mes Lonely, et les auberges pratiquant l’echange de livres ne sont pas legion. Reste donc a tenter de soudoyer d’autres voyageurs ayant des lectures similaires aux miennes. Je creuse… L’un des livres qui m’a le plus marque est sans aucun doute Extremement Fort et Incroyablement Pres de Jonathan Safran Foer. A lire, vraiment. L’histoire est drole, emouvante et si vous avez envie de suivre Oskar dans ses peripeties, jetez vous sur ce livre…

Vendredi, et pour bien profiter de ma derniere journee a Puerto Williams, j’entreprends l’ascension du Cerro Bandera. A une heure du centre, il culmine a 600 metres, et donne une vue spectaculaire sur le canal de Beagle et sur les Dents de Navarino, la chaine de montagne situee sur l’ile. Une bonne petite balade d’une demi journee a travers la foret qui le recouvre quasiment entierement, jusqu’au sommet, ou on debarque sur une vaste etendue rocailleuse ou seuls quelques petits arbustes subsistent. Le drapeau chilien flotte grace au vent qui se dechaine, le ciel est couvert et menacant. Seul, je developpe une legere phobie face a cette immensite et aux elements qui peuvent s’y dechainer. Etrange impression, qui accroit le sentiment de satisfaction procure par le fait d’etre monte “si” haut pour profiter de la vue (en rentrant, j’attaque le Signal de Botrange !!!).

A Puerto Williams, on trouve quelques petits restaurants fort sympathiques. Apres cette journee legerement physique, je me dirige vers une petite pizzeria, ou je retrouve Andrea, un italien logeant dans mon auberge. Attable avec un couple chilien en vacances, ils viennent de commander des pizzas Centolla (recouvertes de King Crabs locaux). Je me joins a eux apres avoir pris soin de commander une Familial (j’ai tres tres faim) et nous passons la soiree a converser dans un espagnol approximatif. La veille, j’avais teste la cantine locale qu’est le restaurant situe sur la place principale du “centre commercial”. Pas de cartes, juste le menu du jour. Je fais confiance a la mama, et recois une delicieuse soupe de legumes-poulet suivie de frites surmontees d’un oeuf sur le plat. Charme par le service et l’audace culinaire du chef, j’y retourne le soir, pour profiter d’une nouvelle soupe de legumes (differente du midi, le poulet est remplace par de la viande, la mama insiste) et d’un filet de poulet servi avec son riz-guacamole. Simple mais delicieux ! Les hommes du village assistent a un match de football entre une equipe chilienne et une equipe venezuelienne, les cadavres de bouteilles d’1L de biere couvrent les tables et c’est l’euphorie generale quand le Chili marque un goal…

Samedi, direction l’aerodrome local pour prendre un avion un peu plus grand que le precedent. Direction Punta Arenas, la derniere grande agglomeration au sud de la Patagonie. Vol sans encombres dans un vieux coucou ou la proximite est de rigueur. En milieu d’apres midi, je prends mes quartiers dans une auberge relativement rustique mais confortable, ou pas loin de 25 lits se partagent deux pieces en enfilade separees par de maigres rideaux. Le centre-ville est plutot beau, compose d’anciens batiments et d’une belle place ombragee. Je fais mon shopping d’activites, reserve mon prochain bus, et file me coucher.

Dimanche, je passe la matinee a me promener dans les rues entourant la plaza de Armas. Rapide passage au supermarche, je vais m’installer sur un banc face a la statue de Magellan qui trone en son centre. L’occasion d’observer tous les “Boat People” qui paient une fortune pour leur croisiere et qui, quand ils ont l’occasion de poser le pied sur le continent, s’empressent de monter dans un bus pour parcourir 700 metres, faire un rapide tour des etals ou on leur propose casquettes, pingouin en peluche et autres ponchos colores, avant de vite remonter dans le car et de rejoindre leur navire… Ma digestion terminee (les Boat People me fascinent, je reste un long moment a les observer), direction le Mirador, ou la vue sur la ville est surprenante et chargee de couleurs. Le temps de rejoindre mon auberge et j’embarque dans un mini-van, direction les pingouins de Seno Oatway. Une heure de route, et une magnifique reserve ou les pingouins deambulent entre les pontons de bois amenages pour les intrus que nous sommes. L’excursion coute a peine plus qu’une nuit a l’auberge, et je suis surpris par la qualite du produit. Une tres chouette maniere de terminer la journee, et de revoir mes amis alcides…

Lundi, je prends la route pour Puerto Natales, a 5h plus au Nord. Le point de depart de deux grands parcs : Torres del Paine et Bernardo O’Higgins. Je rejoins l’auberge que Benoit, un francais rencontre a Ushuaia, m’a conseille. L’accueil est exceptionnel, l’ambiance tranquille, j’adore. Comme d’habitude, je passe une bonne partie de l’apres-midi a analyser les differentes possibilites qui nous sont donnees pour visiter les alentours. Mon choix se porte sur une “croisiere” d’une journee dans le Parc O’Higgins, et sur un rapide tour de Torres Del Paine. Il est possible d’y effectuer un trek de 5 jours, mais pour des raisons dorsales, je prefere me la jouer tranquille…

En passant rapidement sur internet, je commence egalement a regarder comment il me serait possible de rejoindre l’Ile de Paques sans devoir depenser une fortune. Le constat est alarmant : rien que l’avion coute entre 1000 et 1500 US dollars, et les frequences de vols permettent soit de tres courts sejours (il est possible de payer 1400 US dollars et de faire l’aller-retour le meme jour !) soit des sejours d’une semaine… Je me dis qu’a ce prix la, ca vaut la peine de dormir un peu dessus. En fin d’apres-midi, je repasse rapidement sur le site de la LAN, pour voir si les prix ont evolue et s’il devient urgent de reserver (comme si en une journee, tout basculait…). Je chipote pendant pres de deux heures, surfant a gauche et a droite, et surtout plus en profondeur sur le site de la LAN. Et la, miracle. Je trouve un prix a trois chiffres. Mon coeur commence a battre plus rapidement. S’il faisait plus chaud, je serais en nage. Je bats du pieds, me frotte les yeux, retire mes lunettes et colle mon nez sur l’ecran pour etre sur que je ne reve pas. De 1404 Us dollars, je passe a 629. Une date aller, une date retour. Pas de flexibilite, c’est le seul choix possible. Je pense n’avoir jamais aussi vite degaine ma VISA. Cinq minutes plus tard, je recevais mon mail de confirmation. L’auberge suit directement, et pour 500 euros, je m’offre une semaine avec les Moais, du 23 au 30 mars. Je passerai le Dimanche et le Lundi de Paques sur l’ile de Paques. Ils ont interet a avoir prevu des oeufs en quantite suffisante, car je compte bien faire une razzia !

Mardi, reveil tres matinal, direction le port de Puerto Natales. J’embarque sur un bon vieux bateau, et nous entamons notre croisiere. Apres 3h30 de navigation, le glacier de Balmaceda emerge des nuages.

Lors de mes quelques conversations avec les taximens-proprio d’auberges-locaux rencontres-au-hasard-d’un-repas, j’ai souvent evoque avec eux le probleme du rechauffement climatique. Dans toute la partie Sud de la Patagonie, je suis surpris par la maniere dont je “ressens” le soleil. Piquant, agressif, aveuglant. A Puerto Williams et Punta Arenas, de nombreux panneaux indiquent le niveau des UV pour la journee et recommandent a la population de porter lunettes de soleil et creme protectrice en permanence. Depuis quelques annees, les hivers se font de plus en plus doux. La ou 20 ans auparavant, 60 centimetres de neige recouvraient les rues de Punta Arenas, c’est a peine si 5 centimetres tiennent deux jours ces dernieres annees. Le glacier Balmaceda arrivait au niveau de la mer il y a 15 ans. Aujourd’hui, on peut deja constater comme il a fondu. A Puerto Williams, de -20 degres en hiver, on en a -10 maintenant. Et selon les meteorologues, un changement de 6 degres suffiraient a provoquer l’inondation d’une bonne partie des terres emergees… En Patagonie du Sud, la population est reellement confrontee au probleme climatique, et les autorites commencent seulement a prendre des mesures, en mettant un accent plus fort sur le recyclage notamment.

Apres le Balmaceda, nous avons l’occasion de descendre du bateau et de marcher a la rencontre du Serrano. Des morceaux de glace flottent dans la lagune, comme de gros glacons. Au loin, on entend le glacier gemir. Dans ce qui pourrait paraitre un roulement de tonnerre, une mini-avalanche est en train de se produire. Nous aurons l’occasion d’entendre ce grondement a de maintes reprises durant notre marche. Malgre le temps nuageux, ce petit tour en bateau valait la peine.

Mercredi, rebelotte, je me leve avant le soleil. Cette fois, c’est Torres Del Paine et la Cave du Milodon qui sont au programme. Premier stop dans une caverne ou les restes d’un Milodon furent retrouves il y a quelques temps. La bestiole, morte il y a plus de 10.000 ans, faisait 3 bons metres de haut. L’acces a la caverne etait bloque par un glacier, mais au fil des annees, le vent et l’eau ont fait leur oeuvre, creusant la roche… La journee se passe entre les differents miradors du parc, ou les vues sur les Tours sont toutes plus belles les unes que les autres. Independants de la Cordillere des Andes, ces monts de granit se dressent fierement vers le ciel, entoures de lacs a l’eau turquoise et du glacier Grey. Les paysages pour s’y rendre sont magnifiques et nous apercevons autruches, lamas, condors, renards,… La Patagonie chilienne est de loin plus belle que sa voisine Argentine !

Jeudi, c’est conge. Pepere, les doigts de pieds en eventail, je me la coule douce. Demain vendredi, depart pour El Calafate et son glacier Perito Moreno. De retour en Argentine pour quelques jours…

J. aka el Sunblocker