Premier coup de gueule, on commence fort.
Tout débute par une froide nuit d’octobre 2002, où, bêtement, je plante la voiture d’un ami sur un magnifique poteau de l’avenue de Tervueren, après un tête à queue assez spectaculaire. Heureusement, no one is hurt, et les secours accourent sur place histoire de me faire souffler dans la splendide invention que constitue l’éthylotest. Mon sang ne digérant pas l’alcool comme un polonais rodé à la vodka et autres joyeusetés bibitives, je me retrouve avec un contrôle positif, un procès, une condamnation, une belle amende de 839,49 € et un retrait de permis de conduire de 8 jours. Jusque là, rien de bien excitant.
L’histoire traine en longueur, et je reçois le virement concernant mon amende ce mardi, et ma convocation me demandant de me rendre à mon antenne de police locale pour remettre mon permis deux jours après.
Plein de bonne volonté, assumant la gravité de mon comportement, je me rends donc ce matin à l’antenne proprement dite. Deux inspecteurs en charge de mon dossier (on ne lésine pas sur les moyens !) sont théoriquement à ma disposition pour accomplir mon devoir de citoyen, et me repentir comme il se doit après l’acte incivique que j’avais perpétré… Première bonne nouvelle, le premier est en vacances. Impossible qu’il me reçoive donc. Quant au deuxième, n’en parlons pas, il est en mission “Cinema” dixit l’agent de permanence, et ne saura donc pas me recevoir non plus. Probablement en train de participer au tournage de ‘Cops’, où on le verra matraquer un petit délinquant fumant un joint, rassurant ainsi les nombreux téléspectateurs et leur prouvant que la police effectue bel et bien sa tache…
N’écoutant que mon coeur d’honnête citoyen, j’essaie de trouver un compromis avec l’agent sur place, insistant sur le fait que je souhaite lui remettre mon permis dans l’instant, ou du moins effectuer toutes les formalités liées à mon retrait dans les plus brefs délais. Malheureusement, vu son air contrit, je réalise que cela risque d’être compliqué pour lui. Etant seul dans les bureaux de l’antenne locale, il ne peut pas me laisser rentrer. Vu mon air menaçant, ma tronche de délinquant notoire, voire de terroriste, ça se comprend, je ne me serais pas laissé rentrer non plus… Bref, il prend note de mon passage, m’affirme qu’il demandera à l’inspecteur en question de me recontacter au plus vite, afin de convenir d’un nouveau rendez-vous. Et pas la peine d’essayer d’aller autre part, mon dossier est bloqué là et pas ailleurs. De plus, l’inspecteur ne doit me voir que pour me remettre le document émanant du procureur du Roi, me sommant de me rendre au Greffe du Tribunal de Police afin de leur remettre mon permis. Alors, petite suggestion pour accélerer un peu le tout : ne serait-il pas plus simple de recevoir directement la convocation demandant de se rendre au greffe, afin d’y remettre le permis, et que le greffe transmette à la police que le permis a bien été rendu et que la période de suspension est bel et bien effective ??? Non non, gardons un minimum de lourdeur, qui génère de l’emploi, motive le personnel, et accélère grandement notre système judiciaire. Ce serait dommage de s’en priver !!!
Moi qui m’était fait à l’idée de retrouver mon statut de piéton à partir d’aujourd’hui, me voilà bien déçu. Je vais de nouveaux être contraint d’utiliser mon véhicule pour mes déplacements. Horrible chose ;o))).